La Traviata : un opéra coopératif à l'Eden

10 avril 2018 à 8h31

CERISE FM

Comment faire venir un nouveau public à l’opéra ? Comment rendre ce monde attrayant pour les plus jeunes ? Pour relever ce défi, le Labopéra d’Alsace monte son premier opéra coopératif, La Traviata de Verdi, en mélangeant artistes professionnels et amateurs sur scène, et en sollicitant l’aide de jeunes lycéens et étudiants.

Pour la première fois en Alsace, le public pourra assister à un opéra coopératif. Le concept est né il y a 10 ans à Grenoble dans la tête du chef d’orchestre Patrick Souillot, interpellé par un chiffre : seuls 4% des Français vont à l’opéra. Pire : la moyenne d’âge des spectateurs n’a fait qu’augmenter ces 30 dernières années.

Pour rajeunir l’audience, la Fabrique Opéra a eu l’idée d’impliquer des jeunes lycéens et étudiants dans la réalisation d’un opéra. « L’opéra a deux avantages : il raconte une histoire ce qui permet au néophyte d’associer une émotion musicale à une histoire. Et c’est un art total qui associe plein de corps de métiers : coiffeur, maquilleur, menuisier… que l’on pouvait trouver dans les lycées », explique Benjamin Molleron, chargé de développement de la Fabrique Opéra. La première, à Grenoble en 2007, fut un succès : 1700 spectateurs (et pas que des élèves!) « dont la moitié qui n’avait jamais mis les pieds à un concert de musique classique. »

Produire un opéra tous les ans

Depuis, la Fabrique Opéra s’est développée dans d’autres régions de France, et en Alsace depuis un an à travers l’association Labopéra d’Alsace. Son ambition ? Produire un opéra différent tous les ans !

Pour cela, elle compte sur les forces de l’Orchestre symphonique du conservatoire de Colmar, un orchestre amateur encadré par des professionnels. Tous les solistes et les 80 personnes du chœur ont été recrutés sur audition : « La qualité artistique n’est jamais négligée, bien au contraire ! Il faut vraiment qu’une personne qui ne soit jamais venue à l’opéra voit le meilleur pour avoir envie de revenir. Voilà pourquoi on mélange amateurs et professionnels », explique Simon Rigaudeau, directeur musical et artistique de l’Orchestre Symphonique de Colmar et du Labopéra.

« L'opéra n’est pas réservé à une élite »

Pour son premier essai, l’association a choisi La Traviata, l’opéra le plus populaire de Verdi et peut-être l’un des plus accessibles du répertoire. Elle a fait appel à la grande artiste lyrique mulhousienne Mireille Delunsch, ravie de mettre en scène ce premier opéra coopératif : « Pour moi, l’opéra est une manière facile d’amener les gens vers la musique classique. Il faut dire aux jeunes qu’ils sont dignes de l’opéra, que ce n’est pas réservé à une élite. Ce n’est pas un art de musée, c’est quelque chose de vivant, et ce projet le rend particulièrement vivant ».

Depuis la rentrée en septembre, les élèves de sept établissements alsaciens travaillent sur l’envers du décor, selon la spécialité de chaque établissement : la section menuiserie/restauration du lycée Gustave Eiffel à Cernay a réalisé des décors, la section de la mode et du vêtement du lycée Blaise Pascal à Colmar s’est attelé aux costumes, le lycée pro du Rebberg à Mulhouse s’occupe du maquillage et de la coiffure…

« Quand on leur a présenté le projet, on voyait leur yeux s’allumaient. Je ne pensais pas qu’ils auraient autant d’idées, qu’ils prendraient autant d’initiatives », témoigne Mireille Delunsch. « On dit souvent : les jeunes d’aujourd’hui, ils ne s’intéressent à rien, ils sont toujours sur leur portable… Mais non, ils ont une capacité d’émerveillement intact », complète Simon Rigaudeau.

Le Labopéra d’Alsace attend 3700 spectateurs sur les quatre représentations de La Traviata en avril au Parc Expo de Colmar et à l’Ed&n de Sausheim, des salles de spectacle populaires pour démocratiser un peu plus ce grand art qu’est l’opéra.

Renseignements :

  09 72 31 82 00
  www.labopera-alsace.com/

Horaires :

Samedi 14 Avril 2018 à 18h et Dimanche 15 Avril 2018 à 15h

Tarifs :

de 18 à 35€