Labopéra d'Alsace : La Flûte enchantée

25 mars 2019 à 14h40

CERISE FM

Les chiffres sont là : à peine 4% des Français vont à l’opéra. Un chiffre qui n’évolue plus depuis des décennies. La moyenne d’âge du spectateur ne fait donc qu’augmenter. « On ne va pas attendre que le dernier spectateur d’opéra disparaisse, donc on agit ! », réagit Simon Rigaudeau, chef d’orchestre professionnel et bénévole au Labopéra d’Alsace. Le Labopéra a vu le jour il y a 12 ans à Grenoble. Le concept a fait des émules un peu partout en France. Le principe ? Mélanger amateurs, professionnels, lycéens et collégiens, et faire travailler tout ce petit monde pour en bout de course, présenter plusieurs représentations d’un opéra connu. Rien que ça ! 
L’an passé, le Labopéra d’Alsace a monté son premier opéra collaboratif : La Traviata. Une opération couronnée de succès, avec quatre représentations données au Parc Expo de Colmaret à l’Ed&n à Sausheim, dont trois à guichets fermés. Le projet a été logiquement reconduit cette année - et devrait l’être chaque année dorénavant. Nous voici au lycée des métiers du Rebberg à Mulhouse, où les jeunes issus des formations aux métiers de l’esthétisme et de la coiffure s’entraînent sur les solistes avant les représentations publiques.

Impliquer les jeunes

« L’opéra a besoin de nombreux corps de métiers : coiffeur, maquilleur, menuisier… que l’on peut trouver dans les lycées alsaciens. On en profite pour revaloriser les filières techniques et professionnelles », détaille Simon Rigaudeau. « On touche environ 1500 jeunes grâce au Labopéra, et plusieurs centaines sont directement impliqués en coulisses. Sans eux, l’opéra ne verrait pas le jour. On leur fait confiance, et en retour, ils nous livrent un super boulot avec un excellent état d’esprit de leur part. On entend souvent des critiques sur les jeunes, qu’ils n’ont envie de rien... C’est faux, moi je ne vois que des jeunes motivés. à vivre, c’est une expérience très... feelgood pour tout le monde ! Moi, j’ai vraiment trouvé ma place, c’est top ! », sourit le jeune chef d’orchestre.

« Une prod underground »

Cette année, place à La Flûte Enchantée de Mozart. Les musiciens du Collegium Musicum de Mulhouse signeront les parties orchestrales. Une dizaine de solistes de métier seront au chant, comme Eric, qui interprète Monostatos : « ça me change des grandes productions très normées. Le Labopéra, c’est une production underground, ça me rappelle mes débuts dans la musique metal ». La qualité artistique n’est jamais négligée : les pros restent aux postes clés. L’objectif est de donner envie de revenir voir un opéra, et de démocratiser cet art que l’on qualifie parfois de difficile d’accès.

L'avis des jeunes

Margaux, Célia, Dorinne ou encore Mélissa sont en Bac Pro esthétique-cosmétique ou en CAP Coiffure au Lycée du Rebberg. Elles œuvrent en coulisses du Labopéra.

« On a envie de participer et de relever le challenge. C’est un défi ! », explique Margaux, 15 ans, à la coiffure. « Là, je sais pas si le gaufrage va tenir sur deux heures... » Plus loin, Mélissa, 18 ans, maquille la Reine de la Nuit : « On a vu Le Lac des Cygnes à La Filature pour observer les maquillages. Ma curiosité a été piquée. Il faut réaliser des maquillages très nets, qui se voient de loin. »

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