Zottel Kéniche

13 mai 2019 à 15h29

CERISE FM

Charly Damm est originaire du Pays de Bitche. Il a la passion de l'histoire, de la musique, de la danse, du théâtre et il exprime cette passion à travers, le roman, la chanson et la mise en scène d'étonnants spectacles dont le tout  dernier a été présenté l’année dernière au Zénith de Strasbourg.

Nous nous croisons occasionnellement, depuis des années, en diverses occasions (concerts, festivals…) et lorsque j’ai écouté son CD « Zottel Keniche », je me suis dit : « wouaouh ! Ce n’est pas tous les jours que l’on produit des œuvres aussi abouties en langue régionale, en l’occurrence : le platt !

Convaincre Charly de venir avec ses acolytes dans notre petite salle paroissiale n’était pas gagné d’avance…  mais voilà, c’est fait ! Et je m’en réjouis d’avance.

Mais faisons un peu d’histoire :

Ils sont quatre. Quatre Bitcherländer dans la force de l’âge, trainant derrière eux un lourd passé musical, à s’être  décidés en janvier 2013 à créer un groupe : « Zottl Kéniche ». Qu’on en juge :

Alain Kermann, (guitare basse et flûte),  jeune retraité de l’éducation nationale où il était conseiller pédagogique en musique pendant 20 ans ; 15 ans de direction de la chorale de Rahling ; 13 ans de direction de l’Harmonie des cristalleries de St. Louis et de l’Harmonie du pays de Bitche et 32 ans comme musicien de bal…

Denis Risse, multi-instrumentiste (accordéon, flute, guitare basse) et professeur de musique qui a roulé sa bosse aux quatre coins de la Lorraine et bien au-delà. Il ne se rappelle même plus quand il a commencé, tant il était jeune.

François Nadler, (guitare) qu’on ne présente plus dans le Bitcherland tant il est connu pour avoir créé la désormais légendaire et incontournable « Officine du gueux » où Denis Risse l’a rejoint en 2009.

Charly Damm (mandoline, banjo) a trainé ses guêtres pendant 30 ans en Alsace avant de revenir au pays où il consacre son temps à monter des spectacles, à écrire des romans et à pratiquer son passe-temps favori : la musique.

 

A eux quatre, ils cumulent quelque 180 années de musique…autant dire que nous avons là à faire à des légendes encore vivantes…

 -        Pourquoi «  Zottl Kéniche » ?

-        Il est vrai que ce nom peut surprendre et peut prêter à sourire. Néanmoins il faut le prendre au second degré. Notre belle langue, le platt, part en lambeaux (Zottl) ; il fallait donc au moins quatre rois de pacotille (Kéniche), non pas pour le porter en terre, mais pour lui rendre sa souveraineté dans notre culture locale, même si cela peut paraitre utopique, tant son déclin est prononcé voire irréversible.

-        Vous chantez donc en platt, c’est-à-dire en francique ?

-        Absolument. Nous écrivons les textes dans notre belle langue ainsi que la plupart des musiques ?

-        Comment cela se passe-t-il ?

-        L’un d’entre nous a toujours un texte sous la main qu’il a écrit, assorti d’une mélodie qu’il a composée. Il la propose aux autres. Si elle convient à tout le monde, on passe aux arrangements. Là, c’est le travail de tout le monde. Chacun y met son grain de sel, jusqu’à ce qu’on soit satisfait du résultat. Ensuite on met les voix en place. Les arrangements vocaux, c’est le travail d’Alain. Il écrit une voix pour chacun car nous chantons à quatre voix.

-        De quoi parlent vos chansons ?

-        De tout, mais principalement du Bitcherland, son histoire, sa culture, sa beauté, ses mœurs, ses coutumes, sa situation actuelle…

-        Quel est votre style musical ?

-        Le folk. A l’exception de la guitare basse, tous les instruments sont acoustiques. Notre musique a un net penchant pour la musique irlandaise ou celtique (n’oublions pas que nous sommes des descendants des Celtes). Elle est assez enjouée, voire festive.

-        Il vous aura fallu deux ans pour présenter un concert au pays de Bitche ? C’est long ?

-        Nous nous sommes déjà produits au festival « Mir redde platt » à Sarreguemines où nous retournons d’ailleurs cette année, ainsi qu’au festival Summerlied en Alsace ; mais à chaque fois nous partagions l’affiche avec un autre groupe car nous n’avions pas assez de morceaux pour assurer seuls un récital. Aujourd’hui nous avons quelque vingt-deux morceaux dans notre répertoire, ce qui suffit amplement pour un concert de près de deux heures.

Entrée libre