Colmar : la mairie et les commerçants s’opposent sur le dossier des cadenas d’amour

La municipalité de Colmar renforce son interdiction des cadenas d’amour dans le quartier de la Petite Venise. Une mesure justifiée par la préservation des ouvrages d’art, mais qui provoque l’incompréhension et la colère de plusieurs commerçants, confrontés à d’importants stocks invendus en pleine saison touristique.

Publié : 15h40 par Emma WEIGEL

cadena

À Colmar, la lutte contre les cadenas d’amour franchit une nouvelle étape. Après avoir procédé à leur retrait sur les ponts de la Petite Venise l’an dernier, la ville a installé de nouveaux panneaux signalant l’interdiction d’en accrocher. Les contrevenants s’exposent désormais à une sanction financière pouvant atteindre 300 euros.

Pour la municipalité, cette décision vise avant tout à protéger les structures des ponts, fragilisées par l’accumulation de milliers de cadenas au fil des années. Le quartier emblématique, très fréquenté par les visiteurs, était devenu un lieu privilégié pour cette tradition romantique inspirée de plusieurs grandes villes européennes.

Cette interdiction passe toutefois mal auprès de certains commerçants du centre-ville. Nombre d’entre eux avaient constitué des stocks importants en prévision de la saison estivale, période durant laquelle ces souvenirs se vendaient particulièrement bien. Certains professionnels estiment que plusieurs milliers de cadenas étaient écoulés chaque année auprès des touristes.

Au-delà de la question économique, c’est surtout le manque de dialogue qui est dénoncé. Plusieurs commerçants regrettent de ne pas avoir été consultés avant la mise en place de cette mesure. Ils demandent désormais un délai ou une solution transitoire afin d’écouler les produits déjà commandés.

D’autres s’interrogent également sur les arguments avancés concernant la sécurité des ponts. Selon eux, la présence des cadenas ne date pas d’hier et la municipalité aurait pu engager une concertation avant d’imposer une interdiction assortie d’une amende.

De son côté, la mairie assume pleinement sa position. Elle considère que ces installations n’apportent aucune valeur au patrimoine local et contribuent à dégrader l’image du secteur historique. Les autorités rappellent également que la réglementation permet de sanctionner les contrevenants et que la préservation du patrimoine demeure une priorité.

Si la vente des cadenas reste autorisée, leur utilisation sur les ponts de la Petite Venise est désormais clairement proscrite. Un dossier qui illustre les tensions croissantes entre attractivité touristique, préservation du patrimoine et intérêts économiques locaux.