Incendies : 184 personnes interpellées depuis début juillet, des profils souvent jeunes et fragiles

Publié : 9h35

Incendies : 184 personnes interpellées depuis début juillet, des profils souvent jeunes et fragiles
Incendies : 184 personnes interpellées depuis début juillet, des profils souvent jeunes et fragiles
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Depuis le 6 juillet, 184 personnes ont été interpellées en France pour des faits liés à des départs de feu, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. Parmi elles, cinq ont déjà été condamnées à de la prison ferme et 15 ont été placées en détention provisoire dans l'attente de leur jugement. Si les enquêtes se poursuivent pour identifier l'ensemble des responsables, les premiers éléments recueillis auprès des autorités judiciaires dessinent des profils variés, mais plusieurs tendances apparaissent : des hommes jeunes, parfois confrontés à des addictions, des troubles psychiques ou des situations personnelles difficiles.Dans plusieurs affaires récentes, la justice a relevé des fragilités psychologiques chez certains incendiaires condamnés.

Dans les Vosges, un homme d'une quarantaine d'années a été condamné à trois ans de prison, dont deux ferme, pour trois départs de feu dans une forêt de Raon-l'Étape. L'homme, qui vivait dans la forêt dans le cadre d'une tentative de sevrage de sa consommation de drogues, avait expliqué avoir brûlé de l'herbe pour améliorer son couchage. Une expertise psychiatrique a évoqué une fascination pour le feu, sans retenir un diagnostic de pyromanie.

Dans les Pyrénées-Orientales, un homme de 36 ans, souffrant d'autisme et d'une addiction à l'alcool, a été condamné à 18 mois de prison dont six ferme pour avoir déclenché un incendie à Saint-Estève. Le tribunal a retenu une altération du discernement, estimant que ses capacités de contrôle étaient diminuées au moment des faits.

D'autres affaires impliquent également des personnes souffrant de troubles psychiatriques. À Caen, un homme de 57 ans atteint de schizophrénie dysthymique a été condamné après avoir reconnu plusieurs incendies dans le bocage normand. Il a expliqué avoir agi dans un contexte de rupture de traitement et de grande fragilité psychologique. Dans l'incendie qui a ravagé plus de 2 000 hectares de forêt à Fontainebleau, quatre personnes ont été mises en examen. Deux ouvriers sont soupçonnés d'avoir provoqué involontairement le départ du feu. Deux autres jeunes hommes de 18 ans, un étudiant en droit et un sapeur-pompier volontaire, sont accusés d'avoir volontairement déclenché plusieurs incendies. Ils ont été placés en détention provisoire.

Plusieurs adolescents figurent parmi les suspects interpellés. Dans le Var, un adolescent de 15 ans a reconnu avoir provoqué deux départs de feu, dont un avec un briquet dans une forêt près de son domicile. Le procureur de Toulon a évoqué une personnalité fragile. Le jeune sera jugé par un tribunal pour enfants et doit suivre des soins. En Gironde, un autre mineur de 15 ans a été interpellé après un départ de feu volontaire près d'un foyer où il était placé. Il a été incarcéré dans l'attente de son procès. En Ardèche, un adolescent de 17 ans sera jugé après un incendie ayant parcouru 120 hectares en 48 heures et entraîné l'évacuation de plusieurs dizaines d'habitants.

Contrairement aux idées reçues, les spécialistes rappellent que la pyromanie est un trouble psychiatrique rare et répond à des critères médicaux précis. La majorité des personnes poursuivies pour incendie volontaire ne sont donc pas nécessairement des « pyromanes ». Les motivations peuvent être multiples : recherche de sensations fortes, impulsivité, consommation d'alcool ou de stupéfiants, troubles psychiques, conflits personnels ou volonté de détruire.