Maurer Tempé au bord de la disparition : la fin annoncée d’un symbole de la charcuterie alsacienne

Placée en liquidation judiciaire le 3 juin 2026 par le tribunal judiciaire de Mulhouse, la charcuterie alsacienne Maurer Tempé traverse une épreuve difficile. Malgré l’engagement de ses 109 salariés associés et une activité commerciale soutenue, l’entreprise n’a pas réussi à surmonter ses difficultés financières.

Publié : 15h42 par Emma WEIGEL

tempé

Fondée en 1876 à Kingersheim, Maurer Tempé s’est imposée au fil des décennies comme une référence incontournable de la charcuterie alsacienne. Réputée pour ses spécialités régionales telles que les Landjäger, la Mettwurst, la Deckwurst ou encore les Fleischschnacka, l’entreprise faisait partie du patrimoine gastronomique local.

Après plusieurs années de difficultés, un nouvel élan avait vu le jour en 2019 lorsque l’entreprise avait été reprise sous la forme d’une société coopérative de production (SCOP). Les salariés avaient alors investi personnellement pour assurer la continuité de l’activité et préserver les emplois. Cette transformation incarnait un projet collectif ambitieux reposant sur l’implication directe des équipes.

Malgré cet engagement, la coopérative n’a pas réussi à résister à une succession de crises économiques. La hausse importante du coût des matières premières, notamment celui du porc, ainsi que des tensions répétées sur la trésorerie ont progressivement fragilisé l’entreprise. Ces difficultés ont fini par empêcher l’approvisionnement normal des ateliers de production.

Les salariés ont pourtant multiplié les efforts pour tenter de sauver leur outil de travail. Une campagne de financement participatif avait même été lancée au printemps 2026 afin de réunir des fonds supplémentaires. L’initiative a rencontré un certain soutien, mais les sommes collectées se sont révélées insuffisantes face à l’ampleur des besoins financiers.

La décision du tribunal marque un tournant dramatique pour les 109 employés. Beaucoup d’entre eux disposent d’une longue ancienneté et approchent de la fin de leur carrière professionnelle. Cette situation suscite une vive inquiétude quant à leur avenir sur le marché du travail.

Au-delà de l’impact social, cette disparition annoncée représente également une perte importante pour le patrimoine culinaire alsacien. Pendant près de 150 ans, plusieurs générations de consommateurs ont été attachées à cette marque emblématique et à son savoir-faire traditionnel.

Un ultime espoir demeure toutefois. Même après la liquidation judiciaire, une reprise partielle de l’activité n’est pas totalement exclue. L’arrivée d’un investisseur ou d’un repreneur pourrait permettre de préserver une partie des emplois et de maintenir en vie une marque profondément ancrée dans l’histoire économique et gastronomique de l’Alsace. À ce stade, cependant, aucun projet concret n’a encore émergé.