Plan social chez SEB : l'incompréhension des salariés face aux 500 suppressions de postes

Le géant français du petit électroménager, le groupe SEB, a annoncé un projet de restructuration d'envergure prévoyant la suppression d'environ 500 emplois dans l'Hexagone. Malgré des résultats financiers jugés solides par les syndicats, la direction justifie cette décision par un besoin de compétitivité. Sur les sites concernés, l'inquiétude laisse place à la colère.

Publié : 11h09 par Aurélie

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C'est un coup de tonnerre pour les employés du groupe SEB. Le leader mondial du secteur, fleuron de l'industrie française connu pour ses marques Tefal, Moulinex ou encore Rowenta, s'apprête à réduire ses effectifs de manière significative sur le territoire national. Pour les représentants des salariés, cette annonce est d'autant plus difficile à accepter que l'entreprise n'est pas "dans le rouge".

Des résultats financiers qui interrogent

L'argument central des syndicats repose sur la santé économique du groupe. Les derniers résultats annuels affichent une résilience notable dans un contexte de consommation pourtant morose.

« On a eu les résultats du groupe, ils ne sont pas catastrophiques », déplore un délégué syndical.

Cette situation crée un décalage entre la réalité comptable — des bénéfices toujours au rendez-vous — et la violence sociale d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE). Les salariés dénoncent une logique purement financière visant à rassurer les actionnaires au détriment de l'ancrage industriel français.

Les sites de production dans l'incertitude

Si le siège lyonnais du groupe pourrait être impacté, ce sont surtout les sites de production historiques qui craignent pour leur avenir. Ces 500 suppressions de postes pourraient toucher différents services, de la recherche et développement à la logistique, en passant par les lignes d'assemblage.

L'inquiétude est particulièrement vive dans les régions où SEB est le premier employeur privé. Chaque suppression de poste direct menace, par effet domino, l'économie locale et les sous-traitants.

La compétitivité comme ligne de défense

De son côté, la direction de SEB avance des arguments structurels. Pour maintenir son leadership face à une concurrence asiatique toujours plus agressive et une hausse des coûts des matières premières, le groupe estime nécessaire de réorganiser son outil industriel et ses fonctions support.

L'enjeu affiché est de gagner en agilité. Cependant, pour les salariés, cette "agilité" ressemble surtout à un désengagement progressif de la production "Made in France".